Nous considérons cet équipement comme la base de la sécurité du randonneur. Peu importe la difficulté de la sortie, le risque zéro n’existe pas. Une glissade, une coupure ou une réaction allergique peuvent survenir à tout moment. Avoir le nécessaire sur soi change tout. Cela transforme une situation potentiellement dramatique en un simple incident géré avec calme.
1- Choisir le bon contenant pour votre matériel
Avant de parler du contenu, parlons du contenant. La trousse doit être robuste et visible. Oubliez le sac plastique qui se déchire au fond du sac. Optez pour une pochette spécifique, souvent rouge, pour être repérée immédiatement en cas d’urgence.La taille compte. Elle doit être assez grande pour tout contenir, mais assez compacte pour ne pas prendre toute la place. Le poids est aussi un ennemi en randonnée. Nous cherchons le meilleur rapport entre légèreté et exhaustivité. Le rangement intérieur est crucial. Des compartiments filets ou élastiques permettent de voir immédiatement où se trouve chaque élément. En situation de stress, on ne doit pas fouiller.
La protection contre l’eau est importante. Si votre trousse n’est pas étanche, emballez les éléments sensibles dans un sac poubelle ou des sacs de congélation à l’intérieur. La pluie ne doit pas détremper vos pansements. Certains modèles s’accrochent à la ceinture ou à l’extérieur du sac, ce qui est pratique pour un accès rapide.
2- Soigner les plaies et coupures : la base
La majorité des interventions concerne la traumatologie légère. Coupures, égratignures et plaies superficielles sont le lot commun. Votre pharmacie ambulante doit contenir de quoi nettoyer, désinfecter et protéger.Commencez par le nettoyage. Des doses individuelles de sérum physiologique sont parfaites pour rincer une plaie souillée par de la terre ou du gravier. C’est stérile et efficace. Ensuite, la désinfection. Utilisez des compresses stériles imprégnées d’antiseptique ou des dosettes de chlorhexidine. Évitez le coton qui laisse des fibres dans la plaie.
Une fois propre, il faut couvrir. Emportez un assortiment de pansements de différentes tailles. Pour les plaies plus larges qui saignent, une bande extensible et des compresses stériles maintenues par du sparadrap feront l’affaire. Ce matériel de base permet d’éviter l’infection et de continuer la marche. Si le saignement est important, une compression manuelle avec un linge propre ou une épaisseur de compresses est nécessaire en attendant l’hôpital ou l’évacuation.
3- L’outillage indispensable en acier inoxydable
Les instruments sont aussi importants que les produits. Une bonne paire de ciseaux est vitale. Elle sert à découper les vêtements pour accéder à une blessure, ou à tailler un pansement. Choisissez des ciseaux à bouts ronds pour ne pas blesser la victime.La pince à épiler est un autre incontournable. En acier inoxydable de préférence, elle sert à retirer les échardes, les épines ou les petits débris incrustés dans la peau. C’est un outil de précision.
N’oubliez pas le tire tique. En forêt ou dans les herbes hautes, les tiques sont fréquentes. Il faut retirer le parasite le plus vite possible pour éviter la transmission de maladies comme la maladie de Lyme. Ne mettez jamais de produit sur la tique avant de l’enlever, utilisez simplement le crochet adapté. C’est un petit accessoire, mais son importance est capitale pour la santé à long terme.
4- Gérer les douleurs et la traumatologie musculaire
La marche sollicite le corps. Les contusions, entorses ou douleurs musculaires peuvent ralentir le groupe. Pour les chocs sans plaie ouverte, l’arnica 9 ch en granules ou en gel est un grand classique apprécié des randonneurs pour limiter les bleus et les bosses.Ayez toujours du paracétamol sur vous. C’est l’antidouleur de référence pour les maux de tête ou les douleurs articulaires. Attention aux doses journalières. Nous vous conseillons de garder la notice ou de noter la posologie sur la boîte.
En cas d’entorse, une bande de contention (type Coheban) est très utile. Elle permet de maintenir l’articulation pour redescendre doucement ou attendre les secours. Cela ne remplace pas un avis médical, mais cela aide sur le terrain.
5- Ampoules et soins des pieds : le cauchemar du marcheur
Rien ne gâche plus une randonnée qu’une ampoule au talon. La prévention est la clé, mais le soin est parfois nécessaire. Dès les premiers frottements (échauffement), il faut agir.Votre trousse de secours rando doit contenir des pansements spécifiques pour les ampoules, souvent appelés « seconde peau » ou hydrocolloïdes. Ils soulagent la douleur et favorisent la cicatrisation. Si l’ampoule est déjà formée, il faut la protéger. Ne la percez pas sauf si elle est très douloureuse et sous tension, et faites-le toujours avec une aiguille stérile.
Le sparadrap large est aussi utile pour protéger les zones de frottement avant même que l’ampoule n’apparaisse. Prenez soin de vos pieds, ils sont votre moyen de transport.
6- Troubles digestifs et médicaments personnels
Le changement d’alimentation, l’effort ou l’eau peuvent perturber la digestion. En voyage ou en itinérance, c’est fréquent. Avoir de l’ultra levure ou un antidiarrhéique peut sauver votre séjour.Si vous suivez un traitement chronique, emportez vos médicaments habituels en quantité suffisante, plus une marge de sécurité. Si vous avez des allergies connues (guêpes, pollen), vos antihistaminiques ou votre stylo d’adrénaline doivent être accessibles en une seconde. Demandez conseil à votre médecin traitant pour constituer cette partie de la trousse selon vos besoins personnels.
7- La couverture de survie : ne partez jamais sans elle
S’il n’y avait qu’un seul objet à prendre en plus de l’eau, ce serait la couverture de survie. Elle est légère, compacte et peu coûteuse. Son rôle est d’isoler la victime des éléments.Elle possède généralement deux faces. La face dorée vers l’extérieur absorbe la chaleur (pour réchauffer), la face argentée vers l’extérieur réfléchit les rayons du soleil (pour garder au frais). En cas d’accident, la victime risque l’hypothermie, même en été, surtout si elle est immobile et choquée. La couverture permet de maintenir la température corporelle en attendant les secours. C’est un élément de survie stricte. Attention, elle ne s’utilise qu’une fois, il est difficile de la replier correctement.
8- Insectes, soleil et agressions extérieures
La nature peut être hostile. Les piqûres d’insectes (moustiques, guêpes, taons) sont désagréables voire dangereuses. Une crème apaisante ou un stick pour les piqûres soulage les démangeaisons. Pour les zones à risques de serpents, l’utilité de la pompe à venin est discutée par les médecins, le plus important reste de calmer la victime et d’appeler le 15 ou le 112.Le soleil est un danger sournois. Un petit tube de crème solaire haute protection et un stick à lèvres évitent les brûlures graves qui peuvent provoquer fièvre et déshydratation. Le sérum physiologique servira aussi à rincer les yeux en cas de poussière ou de projection de produit solaire.
9- Adapter le contenu à votre pratique
Une trousse de secours randonneurs n’est pas universelle. Elle doit vivre et s’adapter. Pour une sortie de 2 h en forêt derrière chez vous, le minimum suffit (pansements, désinfectant, téléphone). Pour un trek de 15 jours en autonomie ou du camping sauvage, la liste s’allonge.Si vous partez en vélo, ajoutez de quoi nettoyer les plaies souillées par le goudron. En haute montagne, les protections solaires et les médicaments contre le mal des montagnes sont à considérer. Si vous encadrez un groupe, la composition doit être plus conséquente pour gérer plusieurs blessés potentiels.
Réfléchissez au prix. Acheter un kit tout fait dans le commerce est une solution rapide, mais ces kits sont souvent incomplets ou de qualité moyenne. Nous recommandons souvent d’acheter une trousse vide et de la remplir vous-même avec des produits de qualité achetés en pharmacie. Vous connaîtrez ainsi parfaitement le contenu de votre sac.
10- Formation et entretien : les clés de l’efficacité
Avoir le matériel est une chose, savoir l’utiliser en est une autre. Nous vous encourageons vivement à suivre des cours de premiers secours (PSC1). La FFRandonnée propose aussi des formations spécifiques comme le brevet fédéral qui inclut des modules de sécurité.Savoir faire un bandage, placer une victime en position latérale de sécurité ou donner l’alerte correctement donne de bien meilleurs résultats que d’avoir une pharmacie ambulante sans savoir s’en servir.
Enfin, vérifiez régulièrement votre équipement. Les dates de péremption des médicaments, des désinfectants et même des pansements (qui perdent leur adhérence) doivent être contrôlées. Avant chaque saison, faites l’inventaire. Remplacez ce qui a été utilisé. Une trousse vide ou périmée ne sert à rien.
11- Liste récapitulative pour votre trousse
Pour vous aider à préparer votre prochaine commande ou vos achats, voici une synthèse de ce que nous mettons dans nos sacs chez Wilsa Outdoor :- Matériel de soin :
- Compresses stériles
- Doses de sérum physiologique
- Antiseptique local (chlorhexidine)
- Pansements pré-découpés (différentes tailles)
- Pansements « double peau » pour ampoules
- Bande extensible
- Sparadrap
- Sutures adhésives (type strips)
- Instruments :
- Ciseaux à bouts ronds
- Pince à échardes
- Tire-tique
- Épingles à nourrice
- Couverture de survie
- Paire de gants en vinyle (pour se protéger du sang d’autrui)
- Médicaments (selon avis médical) :
- Paracétamol
- Anti-inflammatoire
- Antihistaminique
- Ultra levure / antidiarrhéique
- Arnica 9 CH
- Sucre (pour les hypoglycémies)
- Divers :
- Sac poubelle (pour les déchets de soins)
- Sifflet (souvent intégré au clip poitrine de votre sac à dos Wilsa)
- Petit carnet et crayon (pour noter l’heure des soins ou l’évolution des symptômes)
Nous espérons que ce guide vous permettra de préparer votre trousse de secours avec sérénité. La sécurité n’est pas une option, c’est la condition de la liberté en montagne. Préparez-vous bien, et profitez des sentiers.
L’équipe Wilsa Outdoor
